World Rainforest Movement

Samoa: atelier sur les causes profondes de la déforestation et de la dégradation des forêts

Du 17 au 21 décembre 2002, s’est tenu un atelier national dans le hameau de Aopo -île de Savaii- sur les causes profondes de la déforestation et de la dégradation des forêts, organisé par l’ONG Ole Siosiomaga Society (OLSSI) et parrainé par la Coalition mondiale pour les forêts.

Les hameaux participant à l’atelier d’Aopo ont souligné l’importance de l’atelier car il leur a permis de comprendre pleinement la vraie signification des accords passés avec les exploitants forestiers en vertu desquels ceux-ci vont abattre leurs précieuses forêts natives. Ils se sont rendu compte qu’ils obtiennent peu de chose en échange de leurs arbres comparé à ce que les exploitants forestiers perçoivent pour leur production. Grâce à cet atelier, ils sont maintenant mieux placés pour négocier et décider du moyen d’obtenir de leurs forêts davantage de bénéfices à travers l’adoption de mesures de conservation.

Quelques unes des causes impliquées qui ont été identifiées au cours de l’atelier sont: la pauvreté, un cadre législatif archaïque, un système de monitorage faible, la privatisation de la part du gouvernement de biens publics dont les forêts natives, les changements quant au paradigme des valeurs touchant aux modèles de consommation et de production non-durables qui donnent priorité à l’obtention rapide d’argent grâce à l’abattage des forêts par opposition à la valeur des ressources forestières à long terme.

Parallèlement, les projets de développement à grande échelle du gouvernement sur des aires forestières jusqu’à maintenant réservées étant donné la richesse de leur biodiversité, impliquent l’ouverture de chemins avec la présence de matériel lourd dans les forêts pour permettre un accès facile et rapide aux exploitants forestiers qui vont couper les arbres des forêts. A titre d’exemple, un nouveau village construit dans l’île de Savaii a touché quelques 1200 hectares de forêt vierge. Des chemins sont déjà en cours de construction et ce travail se fait sans aucune évaluation d’impact environnemental préalable.

Aussi bien les banques que les organismes bilatéraux et multilatéraux constituent une cause indirecte de déforestation et de dégradation des forêts car elles ne respectent pas, quand elles agissent dans des pays tiers, les mêmes standards auxquels elles adhèrent dans leurs propres pays. En ce qui concerne l’évaluation d’impact environnemental, la consultation préalable des communautés et des propriétaires des ressources est souvent dirigée de telle façon que le concept des affaires orientées vers l’obtention de bénéfices leur est imposé aux communautés des pays en développement.

A été également identifiée en tant que cause profonde de déforestation et de dégradation des forêts la pression liée au commerce destiné à accroître le produit national brut et à obtenir des devises étrangères. Les impacts de la globalisation à Samoa ont été considérés une autre forme de domination coloniale. Le résultat a été que le gouvernement a délégué ses responsabilités à des entreprises étrangères désireuses de réaliser des investissements directs mais sans le véritable esprit de coopération pour le développement; celles-ci profitent alors de l’opportunité pour faire d’énormes profits à travers l’exploitation des ressources naturelles du pays dont les forêts. Par ailleurs, les pays industrialisés se prévaudront des dispositions prévues par les Mécanismes de développement propre de la Convention-cadre sur les changements climatiques pour continuer à émettre des gaz à effet de serre en échange d’une reforestation basée sur des monocultures d’arbres à grande échelle.

Pour l’OLSSI, l’atelier a été une réussite en ce qui concerne ses inquiétudes sur l’exploitation actuelle des forêts de Samoa et le degré élevé d’épuisement souffert par cette ressource précieuse aux générations futures. Tant que les habitants locaux ne prendront pas conscience eux-mêmes de l’importance de leurs ressources naturelles et de l’impact réel des contrats signés par eux -en tant que propriétaires des forêts- et par les opérateurs commerciaux, très peu de choses pourront être faites pour faire face à ces problèmes.

D’après: “National Workshop on the Underlying Causes of Deforestation and Forest Degradation in Samoa”, par Fiu Mataese Elisara, Ole Siosiomaga Society, Samoa. Le rapport complet (en anglais) est disponible sur: la page WEB.

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