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Bulletin du WRM
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Débat
sur les plantations
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AMERIQUE CENTRALE PARTAGEANT DES EXPÉRIENCES
LOCALES
- Bélize: un nouveau tour de manivelle pour le projet de barrage de Chalillo En novembre 2001, un tribunal bélizien a statué en faveur de la construction d'un barrage hydroélectrique sur le Haut Macal. L'entreprise chargée de l'ouvrage est Belize Electricity Limited (BEL), qui appartient majoritairement à Fortis Inc. de St. John's, Terre-Neuve, Canada (Cf. Bulletins Nº 44 et 54 du WRM). Le gouvernement du Bélize a privatisé son industrie électrique, ne gardant qu'une part minoritaire dans BEL. Fortis Inc. est propriétaire autant de la compagnie de distribution énergétique du Bélize (Belize Electricity Limited, BEL) que du fournisseur d'énergie le plus grand du pays (Belize Electricity Company, BECOL). Entre Fortis-BEL et Fortis-BECOL, les compagnies Fortis produisent 48% de l'électricité vendue au Bélize, et le reste provient d'une connexion au réseau d'alimentation du Mexique. L'énorme barrage de béton connu comme le "barrage de Chalillo" est prévu pour être construit sur le Haut Macal, dans une zone désignée comme "BioGem" (un "bijou biologique") en raison de l'éventail d'habitats recensés près des montagnes Mayas, dans le Sud-ouest du pays. S'il était construit, le barrage inonderait plus de 1 000 hectares de la forêt humide des environs -un site où se trouvent des ruines centraméricaines encore inexplorées- détruisant l'aire de chasse des jaguars de la réserve voisine, ainsi que les seuls terrains d'alimentation riverains du tapir de Baird, l'animal national du Bélize qui figure dans la liste des espèces en péril de l'Union internationale de conservation. La crainte principale des organisations environnementalistes béliziennes et internationales -qui ont obtenu l'appui des vedettes d'Hollywood Harrison Ford et Cameron Diaz- est la disparition de l'ara macao bélizien, un grand perroquet multicolore dont il ne reste que 150 à l'état sauvage. Fortis possède aussi un autre barrage au Bélize, celui du Mollejon. Lorsqu'il est entré en fonctionnement il y a 10 ans, la compagnie a déclaré qu'il allait fournir plus que ce qu'il fallait en électricité pour couvrir la demande croissante des 250 000 habitants du Bélize, sans qu'aucune autre construction ne soit nécessaire. Une étude récemment effectuée au sujet du fleuve Macal montre que le barrage du Mollejon a probablement provoqué l'eutrophisation du fleuve. Les paysans en aval ont eu des problèmes avec la qualité de l'eau et souffert d'éruptions cutanées depuis la construction du barrage. Les effets d'un deuxième barrage en amont pourraient exacerber ces inconvénients. Les habitants des lieux ne voient aucun avantage à ce méga-projet, mais plutôt des impacts nuisibles sur leur patrimoine national et sur des endroits considérés comme des points sensibles, ce qui a provoqué une opposition croissante. Les conservationnistes locaux ont travaillé en collaboration avec des groupes internationaux incluant le Sierra Club du Canada, Probe International [Groupe terre-neuvien] et le Comité de défense des ressources naturelles (Natural Resources Defense Council, NRDC) pour protéger la vallée du fleuve Macal. Les Béliziens craignent également que le barrage de Chalillo ne fasse monter les tarifs de l'énergie. Fortis a commandé une étude d'impact environnemental à Amec, le groupe de construction britannique. Les chercheurs du Musée d'histoire naturelle de Londres, auxquels cette société a fait appel, ont conclu qu'il fallait beaucoup travailler dans la région avant d'entamer la construction du barrage, mais leurs recommandations ont été reléguées à une annexe du rapport final, qui avait 1 500 pages. Le colonel Alastair Rogers, ancien membre de la Marine royale et co-auteur de l'évaluation, dit maintenant que le barrage pourrait être désastreux pour la région. "Fortis affirme que le lit rocheux de la zone est du granite. Nous sommes persuadés que la présence d'une quantité importante de roche poreuse telle que le calcaire pourrait rendre le barrage inutilisable. La forêt serait inondée, mais l'eau s'épuiserait par filtration. Il ne resterait que les aspects négatifs, et aucun aspect positif". Ceux qui s'opposent au nouveau barrage veulent que le gouvernement appuie l'utilisation d'une source d'énergie alternative et durable, telle que la bagasse, un produit résiduel du processus de manufacture du sucre qui était autrefois l'industrie majeure du Bélize, ou que l'énergie soit achetée aux pays voisins, ce qui à la longue coûterait moins cher. L'Alliance d'organisations non gouvernementales pour la conservation du Bélize (Belize Alliance of Conservation Non-Governmental Organisations - BACONGO) a attaqué le projet en justice. Le 31 mars, la Cour d'appel du pays a finalement refusé la plainte de BACONGO. L'organisation a annoncé qu'elle aura recours au Privy Council de Londres, l'instance la plus haute pour les affaires du Commonwealth britannique. BACONGO a écrit également à la Commission des entreprises publiques du Bélize (PUC en anglais) pour dénoncer la situation d'illégalité de BECOL, subsidiaire de Fortis, qui a opéré sans le permis nécessaire le barrage existant de Mollejon sur le fleuve Macal. Tous les générateurs d'électricité du Bélize dont la capacité dépasse les 75 kilowatts (et le barrage de BECOL est environ 3 000 fois plus puissant) sont obligés d'obtenir ce permis. Suivant Lois Young, l'avocat bélizien de BACONGO, cela veut dire que la compagnie a enfreint la loi et les termes du contrat de vente originel, et que le gouvernement du Bélize en avait connaissance. BACONGO a signalé aussi que la PUC ne peut même pas considérer l'actuelle demande de Fortis/BECOL d'autorisation pour la construction du barrage de Chalillo, tant que BECOL n'aura pas obtenu ce permis. Suivant la loi du Bélize, la PUC doit prendre en compte tous les facteurs économiques, environnementaux et sociaux, et offrir l'occasion pour la réalisation d'un débat public. Article basé sur des
informations tirées de: "Belizean macaws and tapirs threatened
by dam project", Elizabeth Mistry, The Independent, http://news.independent.co.uk/world/environment/story.jsp?story=394439;
"Canadian dam threatens jaguar habitat", http://www.ryakuga.org/belize/first.html;
"Fortis Profits at the Expense of Belizeans", "Belize
groups to take Chalillo dam case to Privy Council in England",
Stop Fortis!, http://www.stopfortis.org.
- Guatemala: droits indigènes et autorisations de coupe dans les forêts La commune de Chichicastenango est située dans le département de Quiché, l'un des plus peuplés du pays et celui où l'on parle le plus grand nombre de langues mayas: l'Uspanteco, l'Ixil, le Sacapulteco, le Quekchi et le Quiché. Pour atteindre cette commune, il faut conduire sur une route avec des pentes très raides, des virages prononcés et de hauts ravins, certains d'entre eux encore couverts de forêts mixtes composées principalement de pins et de chênes verts. Elle se trouve sur le haut plateau occidental du pays et le climat y est alors tempéré et froid. Elle constitue un centre religieux important mais, également, un point stratégique pour le commerce, notamment d'objets artisanaux, de légumes, de fruits, de textiles, de tissus et d'animaux. C'est ici où a lieu l'un des marchés les plus importants du pays. Les forêts de Chichicastenango ont subi des processus avancés de dégradation et actuellement on ne trouve des forêts en bon état de conservation que dans la partie nord de la commune. Tous les autres écosystèmes forestiers sont aujourd'hui fragmentés, sous forme de groupes d'arbres associés à des cultures agricoles. Devant cet état de choses, il est pertinent d'analyser le conflit qui a lieu depuis quelques mois concernant l'autorisation de licences de coupe et qui oppose la Municipalité indigène de Chichicastenango à l'Institut national des forêts (INAB). Selon la loi, seulement les municipalités peuvent accorder des autorisations de coupe, dans la limite de 10 mètres cubes par an, et les opérations de coupe peuvent avoir lieu uniquement à l'intérieur du périmètre urbain. Faisant valoir la Convention 169 de l'Organisation internationale du travail sur les Peuples indigènes et tribaux, la municipalité indigène a pris en main l'octroi des autorisations et des licences de coupe. L'INAB considère que cela constitue une immixtion dans ses fonctions, en particulier l'élaboration des documents légaux qui doivent être théoriquement délivrés par cet institut. La municipalité indigène affirme que l'INAB délivre des autorisations de coupe d'une façon démesurée et que celles-ci comportent de nombreuses erreurs de procédure, dont le manque de vérification et de suivi du nombre d'arbres concernés par les autorisations en question. Elle souligne, par ailleurs, la méconnaissance de la part des autorités du droit et des normes en vigueur au sein de la société indigène. Le conflit a été porté devant le Comité exécutif de la justice à Quiché, une instance de dialogue et de consensus qui cherche à proposer des solutions concrètes aux problèmes relatifs à la justice. Le Comité joue un rôle de médiateur et de facilitateur entre les deux parties concernées afin de trouver un accord. Plusieurs instances de dialogue ont déjà eu lieu en vue de trouver une solution, auxquelles ont participé des acteurs de la société civile, des opérateurs de justice, des institutions gouvernementales concernées par la problématique environnementale et des aires protégées, ainsi que des autorités locales. Plusieurs accords préliminaires ont donc déjà été négociés entre les deux parties, et plusieurs conclusions préliminaires élaborées, qui prouvent une ouverture au dialogue sur un sujet qui touche au bien-être présent et futur de l'environnement de Chichicastenango. Il est à espérer que ce processus débouchera sur la reconnaissance des droits des peuples indigènes et sur une meilleure gestion des ressources forestières de la région. Par:
Carlos Salvatierra, Colectivo MadreSelva, Guatemala, courrier électronique:
Salvatierra@rocketmail.com
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