Mouvement mondial pour les forêts tropicales

Birmanie : la Chine continue à dévorer les forêts de ses voisins

Dans une lettre adressée le 24 juin au Premier ministre de la République populaire de Chine, plus d’une douzaine d’organisations pour la conservation et une trentaine personnes de la communauté internationale universitaire et environnementale ont manifesté leur inquiétude au sujet de l’extraction forestière pratiquée par la Chine dans la région de N’Mai Hku, en Birmanie du Nord (la version intégrale de cette lettre est disponible sur : http://www.rainforestrelief.org/News_and_Events/
Rainforest_Relief_News/Burma_Forests_Letter/Letter.html ).

Nous avons déjà dit que la Chine était en train de dévorer les forêts des pays voisins (voir bulletin nº 82 du WRM). La région de N’Mai Hku fait partie de l’écorégion de forêt d’altitude appelée Gaoligongshan, située de part et d’autre de la frontière qui sépare l’État birman de Kachin et la province chinoise de Yunnan. L’écorégion de Gaoligongshan possède plusieurs fleuves d’importance internationale, tels que le Nujiang (Salween) et le Dulong (Irrawaddy) qui traversent la Birmanie. L’abattage de ces forêts de montagne détruirait les bassins versants et provoquerait de ce fait des cycles alternés d’inondation et de sécheresse qui seraient catastrophiques.

La Chine connaît bien les impacts de ce genre : en 1998, l’extraction forestière abusive pratiquée dans la région de Yunnan s’est soldée par de grandes inondations, des milliers de morts, des déplacements massifs de population et des dégâts considérables dans l’agriculture, l’économie et l’infrastructure. Par la suite, la Chine a interdit l’abattage, mais cette interdiction sera inutile à moins que la conservation des forêts ne soit appliquée des deux côtés de la frontière de Yunnan, pour que les forêts anciennes qui restent dans le pays voisin ne soient pas elles aussi dévastées.

Les personnes et les organisations birmanes préoccupées de ce problème demandent au gouvernement chinois de prendre sans délai les mesures nécessaires pour stopper tout abattage dans la région de N’Mai Hku, fixer des normes strictes au commerce transfrontalier et appliquer efficacement les lois existantes pour éviter la corruption.

Article fondé sur des informations tirées du communiqué de presse : «Letter from Environmentalists Urges Chinese Government to Protect Neighboring Forest Region of Burma» et de «Text of Letter to Premier Wen Jia-bao regarding N’Mai Hku Region». Envoyé par RainforestRelief, adresse électronique : relief@igc.org ; http://www.rainforestrelief.org