Mouvement mondial pour les forêts tropicales

Indonésie : nouveau rapport sur les conséquences de l’expansion des plantations de palmier à huile pour les droits de l’homme

En Indonésie comme ailleurs, le principal problème que comportent les projets de plantation de palmier à huile est de nature foncière. En occupant de grandes étendues de terres communautaires où l’on plantait auparavant des cultures commerciales et où l’on récoltait des plantes médicinales et des matériaux de construction, les plantations de palmier à huile en régime de monoculture portent atteinte aux droits et aux moyens de subsistance des populations locales.

Au moyen de promesses, de pots-de-vin et d’escroqueries, et profitant du fait que les communautés ignorent quels sont leurs droits, les entreprises avancent et provoquent la privatisation à grande échelle de la terre et des ressources naturelles.

L’huile de palme, déjà très utilisée pour la production d’aliments, de cosmétiques et de nourriture pour animaux, est de plus en plus demandée comme agrocarburant. Pour satisfaire ce marché en essor, de grandes plantations de palmier à huile sont créées en Amérique latine, en Afrique occidentale et dans le Sud-Est de l’Asie. L’Indonésie, premier producteur mondial d’huile de palme crue, possède déjà 7,3 millions d’hectares de plantations de palmier, et prévoit d’y ajouter encore 20 millions d’hectares, soit une superficie équivalente à celles de l’Angleterre, les Pays-Bas et la Suisse prises ensemble.

Un rapport récemment publié par Les Amis de la Terre, LifeMosaic et Sawit Watch (The human rights impacts of oil palm plantation expansion in Indonesia, http://www.wrm.org.uy/countries/Indonesia/losingground.pdf), révèle comment les politiques du gouvernement de l’Indonésie et les pratiques de l’industrie de l’huile de palme portent atteinte aux droits des communautés locales et des peuples autochtones, et conclut que, face à ces évidences, les objectifs d’augmenter l’usage d’agrocarburants au Royaume-Uni et dans le reste de l’Union européenne sont erronés, car ils risquent de provoquer des dégâts écologiques et des violations des droits de l’homme d’une portée encore plus grande.