Mouvement mondial pour les forêts tropicales

Communiqué de presse : Des organisations accusent la RSPO de « verdir » la destruction et la violence causées par l’industrie de l’huile de palme

Communiqué de presse : Des organisations accusent la RSPO de « verdir » la destruction et la violence causées par l’industrie de l’huile de palme

(Le 12 novembre 2018) Forts de l’adhésion d’organisations des cinq continents, Amis de la Terre International et le Mouvement mondial pour les forêts tropicales diffusent aujourd’hui une déclaration ouverte qui dénonce l’échec de la Table ronde sur l’huile de palme durable (RSPO) à éliminer la violence et la destruction que causent les monocultures de palmier à huile dans les territoires où elles s’installent.

Cette déclaration est publiée partout sur la planète avant le début de la conférence annuelle de la RSPO qui se déroulera à Sabah, Malaisie, du 12 au 15 novembre.

La RSPO se présente au public avec pour slogan « Transformer les marchés pour que l’huile de palme durable devienne la norme. » Cependant, depuis sa création il y a 14 ans, elle est un outil au service des intérêts commerciaux du secteur de l’huile de palme. Le système de certification RSPO permet à l’industrie de l’huile de palme de se développer tout en assurant l’écoblanchiment des destructions et des violations des droits de l’homme dont elle est responsable.

L’huile de palme est devenue l’huile végétale la moins coûteuse disponible sur le marché mondial et c’est pourquoi elle constitue l’option de choix pour le groupe de grands acheteurs d’huile de palme qui domine la RSPO. « Ils feront tout ce qu’il faut pour assurer un flux constant d’huile de palme bon marché », souligne la déclaration.

La clé du succès des entreprises qui produisent de l’huile de palme « bon marché » réside dans un modèle particulier de production industrielle, une efficacité et une productivité sans cesse croissantes qui sont obtenues par : (1) des plantations à grande échelle et en monoculture, souvent par conversion de forêts tropicales riches en biodiversité ; (2) l’utilisation de plants « à haut rendement » qui exigent de grandes quantités de pesticides et beaucoup d’eau ; (3) des pressions exercées sur une main-d’œuvre bon marché ; (4) des profits initiaux considérables obtenus grâce aux bois tropicaux récoltés dans des coupes à blanc, qui sont ensuite utilisés pour financer le développement de plantations ; (5) l’accaparement par la violence des terres des communautés locales ou par le biais d’autres arrangements (notamment des régimes fiscaux favorables) conclus avec les gouvernements, afin d’accéder aux terres au coût le plus bas possible.

Les populations qui vivent sur les terres fertiles sur lesquelles les entreprises ont choisi d’appliquer ce modèle de production payent un lourd tribut. La violence est intrinsèque à ce modèle : la violence et la répression lorsque les communautés s’opposent à l’accaparement de leurs terres , les violences sexuelles et le harcèlement des femmes dans et autour des plantations , le travail des enfants et les conditions de travail précaires qui vont de pair avec la violation des droits des travailleurs , l’exposition à une application excessive de pesticides , perte de souveraineté alimentaire des communautés.

La vision revendiquée par la RSPO sur la transformation du secteur industriel de l’huile de palme est vouée à l’échec car les principes de certification de la Table ronde favorisent ce modèle structurel violent et destructeur. Et pendant que la RSPO crée un écran de fumée qui soustrait cette violence à la vue des consommateurs et des bailleurs de fonds, les gouvernements négligent souvent de prendre des mesures pour mettre un terme à l’expansion des plantations et à la demande croissante d’huile de palme parce qu’ils tiennent pour acquis que la RSPO assurera une apparente durabilité

« Les systèmes de certification ne peuvent pas apporter une protection suffisante aux forêts, aux droits des communautés et à la souveraineté alimentaire, et garantir la durabilité. Les gouvernements et les financeurs doivent prendre la responsabilité de mettre un terme à l’expansion destructrice de l’huile de palme, qui enfreint les droits des communautés locales et des peuples autochtones », souligne la déclaration.

Vous pouvez accéder à la déclaration complète ici.

Pour plus d’informations:

Amis de la Terre International :

Contact Person: Isaac Rojas (isaac@coecoceiba.org // isaac@foei.org), Phone: +50683383204

 

Mouvement mondial pour les forêts tropicales (WRM) :

Contact Person: Elizabeth Díaz (lizzie@wrm.org.uy) Phone: +598 9272 5656