Mouvement mondial pour les forêts tropicales

RD Congo : Des communautés reprennent le contrôle de terres qui leur ont été volées et exigent que l’entreprise d’huile de palme Feronia confirme officiellement l’annonce de « l’abandon » de ces terres

Il y a plus de 100 ans, des terres ont été volées à des communautés de la République démocratique du Congo pour la production industrielle d’huile de palme. Depuis 2009, ces terres sont sous le contrôle de la société FERONIA. Pendant toutes ces années, les communautés n’ont jamais abandonné leur rêve et leur lutte pour reprendre le contrôle de leurs terres, malgré toutes les violences exercées contre elles par les entreprises et les gouvernements (1). Les communautés de la région de Basoko, sur le site de plantation de Lokutu, ont fait un pas important dans cette direction au début de 2020, lorsqu’elles ont commencé à reprendre le contrôle de certaines parties de leur territoire.

Au début de 2020, FERONIA a annoncé verbalement, dans des échanges avec les communautés du site de plantation de Lokutu, que l’entreprise abandonnerait cette partie des plantations de palmiers à huile. Les communautés effectuent désormais elles-mêmes la récolte et la transformation des noix de palme dans ces zones.

Le fait que les communautés contrôlent maintenant une partie de leur territoire est une victoire importante, c’est le résultat de leur lutte inlassable ! Dans le communiqué de presse qui suit, un certain nombre d’organisations demandent à FERONIA et aux agences européennes de développement qui financent l’entreprise et en sont copropriétaires, de reconnaître les droits non seulement sur les parties réoccupées par les communautés, mais également la demande des communautés portant sur le contrôle de la totalité des terres que l’entreprise leur a volées il y a plus d’un siècle. Ces terrains appartiennent légitimement à ces familles et leurs droits sur cette terre doivent être respectés.

(1) Pour plus d’informations, voir: Les communautés en lutte contre la société de plantations de palmiers à huile Feronia-PHC en RD Congo

 

Communiqué de presse : Des organisations félicitent la décision de Feronia d’abandonner ses plantations pour permettre aux communautés de la RD Congo de prospérer

RIAO-RDC et ses alliés en Afrique et à l’international félicitent Feronia Inc et ses bailleurs pour la retrocession de plusieurs parties de ses plantations en faveur des communautés locales dans les zones de Lokutu, Boteka et Yaligimba en RD Congo. Cette initiative, qui c’est déclenché avec des annonces verbales de l’abandon de plusieurs parties de ses plantations, a permis aux ayants droits de finalement reprendre quelques morceaux des leurs terres après 100 ans d’occupation illégale. Les communautés ont immédiatement entrepris des activités sociales et économiques pour réaliser la pleine valeur de leurs terres. Les résultats, en terme de développement sociale, sont dramatiques et dépassent de loin ce que toutes autres activités sociales précédentes entreprise par la société ont pu réaliser.

Après l’annonce de l’abandon de ces sections de plantations à Lokutu et à Boteka, les communautés ont introduit des systèmes de récolte et de production de huile de palme artisanaux et traditionnels. Les conditions de travail sont nettement améliorées par rapport à ce qui existait quand les terres ont été gérées par Feronia. En plus, puisque les bureaux de la société à Kinshasa et à Londres ne sont pas impliqués, toute la valeur créer par ce travail reste dans les communautés.

Jusqu’à present le nombre de hectares qui ont été abandonnées aux communautés s’élèvent à plusieurs centaines, dont les 420 hectares de plantations des palmiers à l’huile abandonnées dans le groupement MWANDO, Secteur de LWETE, Territoire d’ISANGI, Province de la Tshopo, où les communautés locales ont installé huit machines de fabrication artisanale d’huile grâce à un système de gestion de crise dont les enseignants en chômage suite à la pandémie de COVID-19 et autres intellectuels se sont improvisés aux ingénieurs, chef d’usine, chef de production et un service du personnel et de comptabilité qui arrivent à étancher tant soit peu la soif des communautés affectées et les autres communautés environnantes qui viennent s’en provisionner d’huile librement pour le revendre plus loin.

“Nous sommes contents de finalement avoir accès à nos terres depuis tellement de temps,” dit Monsieur EBAMBOLA, manutationel d’usine de crise. “Avec l’accès à ces terres nous sommes capable de reprendre notre production de huile de palme qui a été interrompue de manière violente avec la colonisation. Depuis le début de la semaine j’ai vendu, pour mon compte personnel, 15 bidons de huile, ce qui me donne 300 mille Francs Congolais (150 $ US) en profit. C’est sept fois ce qu’on pourrait gagner en travaillant pour la société par mois, et très difficilement.”

“Pour moi et les autres femmes de notre communauté MWANDO, la société doit maintenant concrétiser l’annonce verbale de l’abandon des terres avec des documents officiels,” , dit Madame GESIGA, une mère de famille. “Le manque de documents pourrait miner l’initiative en créant l’impression que ce n’est qu’un piège. La paix qui est en train de s’installer maintenant entre Feronia et les communautés ne doit pas être mise à risque.”

La réussite de cette première phase de l’initiative présente un exemple impressionnant de la manière dont les banques de développement peuvent enfin faire une contribution au bien-être des congolais. Avec l’annonce récente d’un processus de vente de Feronia Inc, nous encourageons la société et ses bailleurs de rapidement multiplier la retrocession des terres dans toute l’étendu des concessions de Feronia Inc.

RIAO-RDC
Confédération paysanne du Congo (RDC)
JVE-Côte d’Ivoire
Muyissi Environnement (Gabon)
RADD (Cameroun)
REFEB (Côte d’Ivoire)
SEFE (Cameroun)
SYNAPARCAM (Cameroun)
YETIHO (Côte d’Ivoire)
YVE Ghana
GRAIN
Pain pour le Prochain
WRM

La source : Farmlandgrab