Mouvement mondial pour les forêts tropicales




WRM bulletins

Bulletin Numéro 175 – Février 2012

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LE THÈME CENTRAL DE CE NUMÉRO : LES SERVICES ÉCOLOGIQUES

Introduction

En cette année où aura lieu la conférence Rio+20 sur l’environnement[*], le WRM souhaite diffuser de l’information sur les thèmes qui auront probablement une place de choix dans le programme de cet événement mondial. Parmi ces thèmes figure celui des « services écologiques » et les phénomènes qui y sont associés, comme le paiement de ces services et leur commercialisation.

La raison d’aborder un thème de ce genre réside dans le fait que beaucoup de personnes estiment qu’il est complexe, autant que d’autres thèmes semblables comme REDD, REDD+ et le « marché du carbone ». Or, s’agit-il vraiment de thèmes complexes, ou sont-il présentés délibérément comme tels pour que le grand public n’en discute pas et que le débat reste réservé aux soi-disant « spécialistes » ?

Nous plaidons pour que les « services écologiques » et les phénomènes associés soient discutés par tous, surtout parce que les institutions officielles qui préparent la conférence Rio+20 et, en particulier, l’Organisation des Nations unies (ONU), leur accordent une place centrale. Ces organismes affirment que la continuité des services écologiques, assurés surtout par les forêts tropicales, et le futur commerce des services écologiques, sont essentiels pour l’humanité, et que la seule manière de les protéger est de leur fixer un prix. Qu’y a-t-il derrière ce point de vue et quelles en sont les conséquences, surtout pour les communautés qui habitent les forêts et qui en dépendent ?

Le présent article examine ces questions, parce que le « commerce des services écologiques » a de fortes conséquences, du moment qu’il implique de soumettre encore plus la nature au commerce et à la spéculation. Il représente une avancée sans précédent du néolibéralisme sur le « capital naturel », par la privatisation de la nature et par l’application du droit de propriété à ce qu’on appelle services écologiques, dans les forêts tropicales et dans d’autres écosystèmes.

Les défenseurs de l’idée des services écologiques affirment en outre que les plantations d’arbres – appelées « forêts plantées » par leurs promoteurs – sont des fournisseuses stratégiques de services tels que le stockage de carbone, l’énergie, le maintien du cycle hydrologique et la préservation de la biodiversité.
Bonne lecture !

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[*] La Conférence des Nations unies sur le développement durable, qui aura lieu exactement 20 ans après le Sommet de la Terre tenu à Rio de Janeiro en 1992.

 

Les « services écologiques » et le projet de soumettre la nature au commerce et à la spéculation. Les forêts, la monoculture d’arbres et « l’économie verte »