Mouvement mondial pour les forêts tropicales

8 mars : les femmes qui défendent la forêt


Le prochain 8 mars, journée internationale de la femme, il faudra célébrer les progrès que les femmes ont accomplis dans la reconquête de leurs droits, mais ce sera aussi une journée de lutte, pour dénoncer les nombreux abus auxquels les femmes sont encore soumises dans le monde entier.

Dans cet éditorial nous souhaitons rendre un hommage très spécial aux femmes qui luttent chaque jour pour les forêts tropicales d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine, pour ces forêts qui, pour elles, ne sont pas de simples terres mais des territoires qui jouent un rôle fondamental dans leur vie sociale, économique, culturelle et spirituelle. La défense des territoires et des forêts vise les intérêts économiques qui considèrent que les forêts ne servent qu’à produire des bénéfices rapides, par exemple grâce à l’extraction de bois de prix. Ces intérêts détruisent la forêt, même lorsque la loi l’interdit. À beaucoup d’endroits, les réactions violentes sont violentes.

Laísa Santos, une habitante de la forêt amazonienne du Brésil, est en train de vivre cela dans sa propre chair. Elle vit dans la première réserve « extractiviste » créée en 1997 dans l’État de Pará. Depuis, le groupe de familles qui habite la forêt a subi des invasions d’éleveurs, d’exploitants forestiers et de producteurs de charbon. Laísa, qui est menacée de mort pour sa défense de la forêt, a demandé de l’aide au programme du gouvernement fédéral brésilien de protection des défenseurs des droits de l’homme, mais sa demande à été refusée en première instance. La preuve que les menaces sont sérieuses est que la sœur de Laísa, Maria do Espirito Santo, et son beau-frère, José Cláudio Ribeiro, ont été assassinés en mai 2011. Ils défendaient la même cause. En hommage de leur lutte, ils ont reçu un prix de l’ONU à titre posthume.

Laísa est enseignante dans l’école locale et elle fait partie du Groupe de Travailleuses artisanales extractivistes, qui fabrique des produits phytocosmétiques et phytothérapeutiques avec de l’huile d’andiroba (Carapa guianensis). Laísa fait un travail de sensibilisation sur les activités d’extraction, sur la manière d’utiliser la forêt sans la détruire. Les menaces ont changé radicalement sa vie : elle a perdu sa liberté.

Dans tous les pays où il y a des forêts tropicales, en Amérique latine, en Afrique et en Asie, on trouve des femmes comme Laísa, qui luttent pour améliorer la vie de leurs familles et de leurs communautés, en défendant toujours les forêts. Laísa et sa communauté luttent contre les exploitants de bois et contre les éleveurs qui envahissent la communauté ; à d’autres endroits, les communautés luttent contre les entreprises minières, contre la monoculture à grande échelle, contre les entreprises pétrolières, gazières et hydroélectriques, qui détruisent les forêts et violent les droits des peuples qui en dépendent et qui en ont toujours pris soin.

Nous vous appelons à appuyer et à défendre la lutte de ces communautés et, en particulier, à soutenir les femmes qui défendent les forêts. Nous exigeons des gouvernements des pays qui ont des forêts tropicales qu’ils reconnaissent les droits de leurs populations, y compris les droits des femmes, et qu’ils protègent tous ceux qui sont menacés ou poursuivis pour cette raison.

Nous vous demandons tout particulièrement de signer la pétition publiée en ligne surhttp://www.peticaopublica.com.br/?pi=P2012N20715 pour préserver la vie de Laísa.