Mouvement mondial pour les forêts tropicales

Malheur annoncé pour l’Extrême-Sud, le Sud et le Sud-Ouest de Bahia

Le gouverneur Jacques Wagner et le secrétaire de l’Environnement préparent, pour le 21 décembre, un cadeau de Noël spécial pour la société de l’Extrême-Sud, du Sud et du Sud-Ouest de Bahia. La nouvelle circule déjà que, indépendamment de l’analyse technique de l’EIA/Rima (étude et rapport sur l’impact environnemental), l’extension de Veracel Celulose sera autorisée. Les diverses erreurs présentes dans l’EIA/Rima ne seront pas un problème. La société aura beau manifester dans des audiences publiques son opposition à l’expansion de l’entreprise, la signature du secrétaire, M. Spengler, sera suffisante.

D’innombrables erreurs, d’orthographe, de rédaction, méthodologiques et conceptuelles, caractérisent le rapport d’évaluation environnementale de Veracel II. Le besoin d’utiliser un langage simple, comme l’exigent les études de ce genre, semble autoriser des omissions, de graves imprécisions, des termes vagues et génériques. Plus de 100 pages sont consacrées à l’analyse de tables et de graphiques sur des informations concernant les localités de la zone d’influence du projet. Les techniciens laissent délibérément de côté l’analyse du projet en soi et de ses rapports avec le territoire, et présentent des listes de données agricoles, démographiques et éducatives des 17 localités directement concernées. Dans la dernière partie seulement, sur 25 pages, les techniciens décrivent, de façon synthétique et précaire, les impacts du projet et quelques mesures d’atténuation.

L’orientation de propagande de l’étude est frappante. Tout le rapport est parcouru de phrases telles que « Veracel utilise de la technologie favorable à l’environnement », ou « [son objectif] est la durabilité de l’initiative », au point que cette EIA ressemble plutôt à un rapport annuel sur la durabilité de l’entreprise ou à un exercice de marketing très élaboré.

Donc, l’avenir des petits agriculteurs, des travailleurs ruraux sans terre, des communautés traditionnelles, etc., est déjà tout tracé. Les conflits existants ou ceux qui vont sûrement éclater ne sont pas analysés. Nous allons suivre le rythme marqué par le « développement » basé sur l’exploitation des ressources naturelles et des personnes ; nous allons mettre en danger la sécurité alimentaire, et nier les droits des groupes et des communautés. Pour le gouvernement de Bahia, l’important c’est d’assurer des bénéfices au petit groupe d’actionnaires, où figurent parmi d’autres la BNDES, Aracruz Celulose (aujourd’hui Fibria) et Stora Enso !

8 décembre 2011

Forum social et environnemental de l’Extrême-Sud, du Sud et du Sud-Ouest de Bahia.