Mouvement mondial pour les forêts tropicales

Nigeria : un projet de plantation de cacao menace les forêts intactes des Etara et des Ekuri-eyeyeng

La forêt tropicale de l’État de Cross River est une des plus grandes du pays. Près de 8 500 kilomètres carrés sont couverts de forêt vierge ou presque intacte, et appartiennent en partie à la communauté. 5 140 kilomètres carrés de forêt tropicale d’altitude sont classés comme zones protégées : le Parc national de Cross River, qui occupe 3 330 kilomètres carrés de forêt d’altitude, et les Réserves forestières qui occupent 1 810 kilomètres carrés de terres boisées où se situe le territoire coutumier des Etara et des Ekuri-eyeyeng.

Les terres des Etara et des Ekuri-eyeyeng sont administrées par le gouvernement de l’État nigérian de Cross River, à l’intention des peuples indigènes pour lesquels la forêt est la source de subsistance la plus importante. C’est dans la forêt qu’ils trouvent des terres agricoles fertiles et le bois qu’ils utilisent pour la construction ; c’est là qu’ils se procurent la plupart des produits non ligneux utilisés pour l’alimentation, les revenus, l’artisanat et la médecine. La forêt protège aussi les ruisseaux et les fleuves des périodes de sécheresse, elle produit de l’eau potable et elle est considérée par les membres de la communauté comme un lieu sacré où sont enterrés leurs ancêtres.

À présent, l’intégrité de la forêt et donc la subsistance des communautés sont en danger. Une entreprise dénommée Southgate Cocoa Produce Limited prévoit d’acquérir une parcelle de 72,41 kilomètres carrés de forêt tropicale intacte située entièrement dans la zone tampon du Parc national de Cross River, juste à côté des terres des Etara et des Ekuri-eyeyeng, pour y établir des plantations industrielles de cacao.

L’organisation nigériane Rainforest Resource & Development Centre (RRDC) a dénoncé que le projet est « contraire aux intérêts des communautés indigènes ».

L’utilisation de la réserve forestière pour la plantation de cacao serait illégale et, en outre, aucune évaluation d’impact environnemental n’a été effectuée. Le RRDC prévient que « la Réserve forestière de Cross River est un écosystème de forêt tropicale intacte ; ce projet représente une grave menace pour l’intégrité écologique de l’écosystème et de la Division Oban du Parc national de Cross River qui se trouve à côté ».

Le RRDC signale aussi que Southgate a des contacts avec de grands groupes d’intérêt mondiaux.

Un de ces groupes est la société Armajaro Trading Limited, filiale d’Armajaro Holding et basée à Londres. Elle s’occupe de l’approvisionnement et de la livraison de cacao à des producteurs de chocolat d’Asie, d’Amérique du Nord et du Sud et du monde entier.
Le RRDC a organisé une campagne urgente pour informer Armajaro et toute autre partie intéressée étrangère que, contrairement à l’information divulguée par Southgate et ses agents, les terres en question se trouvent entièrement à l’intérieur de la zone tampon de la Division Oban du Parc national de Cross River, et qu’il s’agit d’une forêt tropicale intacte et non d’une « réserve dégradée ». L’appel peut être envoyé au Gouverneur de l’État nigérian de Cross River, M. Liyel Imoke (adresses électroniques :
imoke@crossriverstate.gov.ng ; imokeliyel@yahoo.com ; l.imoke@yahoo.com) et aux entreprises Armajaro du monde (y compris à Richard.Ryan@Armajaro.com et à Vince.McAleer@Armajaro.com.

Article basé sur des informations envoyées par Odey Oyama, Rainforest Resource & Development Centre (RRDC), adresses électroniques : rainforestcentre@yahoo.co.uk, odeyoyama@hotmail.com