Des organisations exigent la fin des violences de la Socapalm contre les communautés au Cameroun

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Les villageois essaient d'accéder à leurs plantations de bananeraies et d’empêcher le replanting.

Le 25 mars, la Socapalm, filiale de la multinationale Socfin-Bolloré, a mené une violente opération avec les forces de sécurité contre une communauté rurale qui réclamait la restitution de ses terres, dans le village d'Apouh A Ngog, dans la région du Littoral au Cameroun. Dans une lettre ouverte, plus de 50 organisations de différents pays ont exigé des autorités du pays qu'elles enquêtent sur ces atrocités, mettent fin à ces exactions et trouvent une solution immédiate en faveur de la communauté.

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02 avril 2025

Monsieur le Préfet de la Sanaga Maritime,

Nous avons l'honneur de venir auprès de votre haute autorité pour vous informer de ce qui suit :

Le 25 mars 2025, les habitants du village Apouh À Ngog, dans la région du Littoral au Cameroun, ont été témoin d'un acte brutal et traumatisant: des forces gouvernementales composées de militaires, de gendarmes lourdement armées ont investi le village pour encadrer le replanting du palmier à huile par le personnel de la SOCAPALM, partie de la multinational Socfin Bolloré. Ces opérations de replanting du palmier à huile conduisent à la destruction de plus de 6000 jeunes bananiers qui avaient été plantés par la communauté en janvier 2025. Cet acte est un rappel brutal des injustices historiques auxquelles sont confrontées les communautés riveraines de cette agroindustrie au Cameroun.

Les terres en question sont occupées par la SOCAPALM depuis plus de 60 ans, la société s'étant emparée de 98 % des terres du village pendant la période coloniale. Les villageois n'ont pratiquement plus de terres pour cultiver des denrées alimentaires, des cultures vivrières, même pour enterrer leurs proches. Malgré de nombreuses tentatives de négociation avec l'entreprise pour la rétrocession d’espaces vitales pour la production d’alimentation autour du village, les villageois ont fait l'objet d'intimidations, de menaces, d'arrestations arbitraires et de détentions sans jugement.

La destruction des bananiers a un impact dévastateur sur les femmes d’Apouh, qui vivent de l'agriculture. La perte de leurs récoltes les prive d'une source de revenus, exacerbant la pauvreté et la faim dans la communauté. En outre, le replanting du palmier à huile par la SOCAPALM autour des maisons et sur les tombes de leurs ancêtres détruit leur héritage culturel et leur mode de vie traditionnel.

La SOCAPALM a été accusée d'accaparement de terres et de violation des droits de l'homme au Cameroun. La société opère dans le pays depuis des décennies, s'emparant de vastes étendues de terres appartenant à des communautés rurales. Le gouvernement camerounais s'est rendu complice de ces accaparements de terres, en apportant un soutien militaire à l'entreprise et en ignorant les droits des communautés rurales.

La lutte pour le contrôle des terres ancestrales par les communautés est une question de justice, d'égalité et de droits de l'homme. Il est impératif que nous soutenions les communautés rurales dans leur quête d'accès à la terre.

Nous demandons à vous, Monsieur le Préfet de la Sanaga Maritime, et au gouvernement du Cameroun :

1. d'engager d'urgence un dialogue constructif avec les habitants d'Apouh À Ngog afin de répondre à leur revendications sur l'accès à la terre de leurs ancêtres;

2. de respecter et de restaurer les droits des communautés d'Apouh dont il a la responsabilité d'assurer le bien-être et de faire en sorte que SOCAPALM arrête les opérations de replanting du palmiers à huile sur les sites querellés;

3. d'ouvrir une enquête sur les violations des droits subies par les villageois d'Apouh ainsi que la destruction de leurs bananiers et de sanctionner les responsables

En solidarité avec le peuple d'Apouh À Ngog, en particulier avec les femmes qui défendent leur cause :

    1. AFERISE (Association des Femmes Riveraines de Socapalm Eseka), Cameroon
    2. AFRISE (Association des Femmes Riveraines de Socapalm Edea), Cameroon
    3. AFRISH CEA (Association des Femmes Riveraines de Sud Cam Hevea), Cameroon
    4. AFRISKI (Association des Femmes riveraines Socapalm Kienke), Cameroon
    5. AFRISO (Association des Femmes Riveraines Socapalm), Cameroon
    6. Alliance for Rural Democracy, Liberia
    7. APDDH Association Pour la Défense des Droits de l’Homme, Cameroon
    8. Association des Journalistes Camerounais pour l’Agriculture et le Développement (AJAD),
    9. Cameroon
    10. Association Gulusenu du village Doubou, Gabon
    11. Association les Rassembleurs du Village Mboukou, Gabon
    12. Association pour la Solidarité et le Développement Durable (AS2D), Cameroon
    13. Bunong Indigenous People Association (BIPA), Cambodia
    14. CNOP, Congo-Brazzaville
    15. COFERISO (Collectif des Femmes Riveraines Sosucam Mbandjock), Cameroon
    16. COLLECTIF ADIAKE. Cote d’Ivoire
    17. Collectif des Ressortissants et Écologistes des Plateaux Batéké, Gabon
    18. COPACO, DR Congo
    19. CPH, Côte d’Ivoire
    20. CPPH, Côte d’Ivoire
    21. Family Farm Defenders, USA
    22. Femme actuelle de évolution de la culture Cameroun Nkolfoulou, Cameroon
    23. FIAN Belgium, Belgium
    24. FIAN International
    25. FIAN Switzerland, Switzerland
    26. GRAIN, International
    27. INSPIRIT Creatives NGO, Germany
    28. Institute of Sustainable Agriculture, Liberia
    29. Inter Pares, Canada
    30. Joegba United Women Empowerment and Development Organization (JUWEDO), Liberia
    31. Justice ensemble, France
    32. JVE, Côte d'Ivoire
    33. JVE, Gabon
    34. Kebekatche Women Development & Resource Centre, Nigeria
    35. Komolo Agro Farmers Association Kiryandongo, Uganda
    36. Les Soulèvements de la terre, France
    37. Look Green Care Foundation, Nigeria
    38. Maloa, Sierra Leone
    39. Milieudefensie, The Netherlands
    40. Musiru Divag de Fougamou, Gabon
    41. Muyissi Environnement, Gabon
    42. Natural Resource Women Platform, Liberia
    43. Nature Cameroon, Cameroon
    44. Ndagize Julius, Uganda
    45. Ndieme Ndong, Senegal
    46. Oakland Institute, USA
    47. Parti Révolutionnaire Communistes, France
    48. Public Eye, Switzerland
    49. RADD (Réseau des Acteurs du Développement Durable), Cameroon
    50. RAJORNY (Rassemblement des jeunes originaires de Nye’été), Cameroon
    51. ReAct Transnational, France
    52. REFEB, Cote d’Ivoire
    53. Solifonds, Switzerland
    54. Struggle to Economize Future Environment (SEFE), Mundemba, Cameroon
    55. Synaparcam, Cameroon
    56. Tano Women Empowerment and Development Association (Tweda), Ghana
    57. Union Locale des Femmes de Mar Lotie Region Fatick, Commune Fimela, Senegal
    58. Union Locale des Femmes Transformatrice de Ndangane, Senegal
    59. Witness Radio, Uganda
    60. Women’s Network Against Rural Plantations Injustice (WoNARPI), Sierra Leone
    61. World Rainforest Movement (WRM), Urugay
    62. YVE, Ghana

Ampliations :
· Sous-préfet d’Edéa
· Gouverneur du Littoral
· MINDCAF
· Services du premier Ministre
· Socapalm

Pour toute information complémentaire, contactez:
Struggle to Economize Future Environment (SEFE)
#5 Street, Hospital Junction, New Layout, P.O. Box 40
Mundemba Ndian Division, Southwest Region, Cameroun
E-mail: know.sefe@gmail.com