En cette année où aura lieu la conférence Rio+20 sur l’environnement[*], le WRM souhaite diffuser de l’information sur les thèmes qui auront probablement une place de choix dans le programme de cet événement mondial. Parmi ces thèmes figure celui des « services écologiques » et les phénomènes qui y sont associés, comme le paiement de ces services et leur commercialisation.
Articles de bulletin
Pour comprendre l’apparition et le développement de l’idée des services écologiques il faut commenter, au moins, deux grandes crises survenues dans les années 1970 dans les pays industrialisés du Nord, et surtout aux États-Unis et en Europe : la crise environnementale et la crise de l’économie capitaliste.
Comment définir le prix des services écologiques ? Comment savoir, par exemple, combien valent le stockage et la production d’eau, ou le travail de pollinisation que font les insectes ? À ce problème se sont heurtés ceux qui défendent la commercialisation des services écologiques.
Deux initiatives ont été très importantes dans ce domaine (10) :
Dans la vague de développement des PSE, les entreprises qui plantent des arbres pour produire de la pâte à papier, du charbon, du bois et d’autres produits essaient de montrer que leurs plantations industrielles rendent, elles aussi, des services écologiques.
Ces derniers temps, on entend beaucoup parler des services écologiques en raison des pourparlers préparatoires du Sommet Rio+20 (juin 2012) qui ont lieu à l’ONU et dans les gouvernements. Le thème central de cette conférence sera « l’économie verte ».
Les défenseurs de l’idée de commercialiser les services écologiques affirment qu’il s’agit d’une option excellente pour les peuples forestiers, parce qu’elle permettrait de maintenir les forêts sur pied et de les préserver. Cependant, il existe plusieurs arguments en contraire :
Le capital spéculatif et les parties intéressées (banques, consultants, grandes entreprises, fonds d’investissement, ONG et, souvent, nos propres gouvernements) prétendent, grâce au commerce des services écologiques, s’emparer des territoires des peuples pour gagner de l’argent. De ce fait, la lutte pour les droits des peuples qui dépendent des forêts devient beaucoup plus difficile et complexe.
Comme il fallait s'y attendre, la conférence sur le climat à Durban n'a pris aucune décision significative concernant la lutte contre la crise climatique. Peut-être en 2020 un nouvel accord juridiquement contraignant sera-t-il signé. En 2020 ? D'après le réseau d'organisations et de mouvements dénommé Climate Justice Now, cela constitue un « crime contre l'humanité ».
L'année a commencé en flammes au Chili. La presse nationale et internationale a divulgué de l'information sur les incendies dévastateurs qui ont éclaté dans plusieurs régions du pays, comme l'Araucanie et le Bío Bio, dans le centre-sud chilien. Dans ces régions où s'étendent plus de trois millions d'hectares de plantations d'arbres exotiques, plus de deux millions, plantés surtout de pins et d'eucalyptus, appartiennent aux entreprises forestières Arauco et Mininco et ont été touchés par le feu.
L'ONU a choisi 2011 comme l'année internationale des forêts. Maintenant que Rio+20 et les conférences sur le climat (en Afrique du Sud) et sur la diversité biologique (en Inde) sont en vue, les forêts sont le thème d'une intense campagne discursive.
Dans les rapports sur les répercussions des plantations industrielles d'eucalyptus, de pins ou de palmiers à huile sur la vie des peuples, les effets négatifs les plus fréquemment mentionnés sont les conflits territoriaux, la diminution des réserves d'eau, le manque de possibilités de travail et la destruction des économies locales. En revanche, on parle moins souvent, ou pas du tout, des conséquences pour la culture des gens, bien que celles-ci puissent être terribles, car la culture est fortement liée à l'identité, au respect de soi, au bien-être et même à la survie de ces peuples.
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