Articles de bulletin

La sieste estivale traditionnelle du mois de janvier en Uruguay s’est vue interrompue non seulement par les pluies permanentes mais par l’avancée sans trêve des industries de la pâte. Leur campagne publicitaire se poursuit à coups de mensonges qui sont ensuite repris comme des vérités. Autant de promesses et de mirages adressés à une population où le taux de chômage est élevé et qui a besoin urgent de solutions.
« La ville de Vitória, au Brésil, doit son nom à la ‘victoire’ remportée par les colonisateurs portugais contre les habitants autochtones de la région. Aujourd’hui, ce nom a un sens tout à fait différent. Les peuples indigènes Tupinikim et Guarani ont repris les terres qui leur avaient été volées par le géant de la pâte à papier, Aracruz Celulose. Ils ont été rejoints dans leur combat contre cette société et ses usines par d’autres collectivités locales et des organisations de la société civile qui, grâce à leur union, ont réussi à affaiblir son pouvoir.
Les effets négatifs des plantations d’arbres sur les forêts et leurs habitants ont été signalés par le WRM depuis sa création en 1986. La « Déclaration de Penang » de 1989, qui reflétait le point de vue des membres du WRM, identifiait les plantations comme « faisant partie des politiques et des pratiques qui, au nom de la croissance, mènent au déboisement dans le monde entier ».
Depuis ses débuts en 1986, le Mouvement mondial pour les forêts tropicale s’inquiète de la manière dont les forêts, les terres et les vies des habitants de la campagne sont affectées par la production industrielle de toute une série de produits : le soja, la pâte à papier, le pétrole, le bois d’oeuvre, l’huile de palme, le maïs, les bananes, le café et bien d’autres.
L’Initiative de Mumbai–Porto Alegre (MPA) pour les forêts a été conçue comme une plateforme pour le rassemblement de forces et l’établissement de liens solidaires entre les divers acteurs qui s’occupent d’un large éventail de thèmes dans les domaines des forêts, de la justice sociale et de la justice environnementale. La mondialisation économique portant de plus en plus atteinte aux collectivités locales, le besoin de créer un mouvement mondial pour défendre les droits des peuples et la conservation des forêts est devenu impératif.
L’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a rapporté qu’il existe des essais de terrain d’arbres GM dans 16 pays. La plupart se trouvent aux États-Unis ; les autres pays de la liste sont la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Espagne, le Portugal, la Finlande, la Suède, le Canada, l’Australie, l’Inde, l’Afrique du Sud, l’Indonésie, le Chili, le Brésil et la Chine. La Chine est le seul pays dont on sait qu’il a développé des plantations commerciales d’arbres GM ; plus d’un million de ces arbres ont été plantés dans dix provinces.
La déclaration suivante a été émise le 24/11/05 à Vitória, Espírito Santo, Brésil, lors d’une rencontre internationale destinée à soutenir les communautés locales contre les plantations d’arbres à grande échelle et contre les arbres GM. La réunion a été co-organisée par le Mouvement mondial pour les forêts tropicales, FASE-ES et Global Justice Ecology Project.
L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) vient de publier son Évaluation des ressources forestières mondiales 2005. Le communiqué de presse correspondant commence par une déclaration inquiétante : « La déforestation se poursuit à un rythme alarmant », mais la suite nous rassure immédiatement, car nous y apprenons que « Néanmoins, le taux de pertes nettes de forêts ralentit ». Beaucoup trouveront cela quelque peu sibyllin.
Comme presque toutes les grandes forêts tropicales continues du monde, les écosystèmes de forêt tropicale de l’Afrique sont menacés par l’exploitation forestière, parmi d’autres causes de déboisement directes et indirectes. Or, ces forêts riches en diversité biologique constituent un habitat indispensable, non seulement pour les peuples et les espèces autochtones de la région mais pour ceux et celles de la terre entière.
Une production non durable pour une consommation non durable : c’est le cas du pétrole brut, pilier de l’industrialisation et de ce qu’on appelle la « croissance » moderne prônée par le libre commerce mondial. Ce pétrole a un coût très élevé qui passe inaperçu, et que les macro-économistes « externalisent ». Mais ce coût est loin d’être extérieur pour les communautés locales, qui le supportent dans les poumons, la peau, les yeux, le ventre, la vie et la mort quotidiennes de leurs membres.
La société sud-africaine de la pâte et du papier, Sappi, projette d’accroître de plus de 200 000 tonnes la capacité de production annuelle de son usine Sappi Saiccor, qui est le plus grand producteur du monde de pâte à papier chimique (pâte à dissoudre). Cette usine située à Umkomaas, à environ 50 kilomètres au sud du port de Durban, produit à l’heure actuelle quelque 600 000 tonnes de pâte chimique par an.
Les forêts tropicales ont été les principales victimes de la tendance croissante à établir des plantations de palmier à huile, car celles-ci y trouvent le sol, l’eau et l’énergie solaire dont elles ont besoin (voir le bulletin nº 47 du WRM). La démarche habituelle consiste à défricher une zone déterminée de la forêt pour y établir ensuite une plantation destinée à la production d’huile de palme et d’huile de noyau. Mais il arrive aussi que les entreprises « nettoient » la forêt entière en y mettant le feu, comme cela a été le cas en Indonésie où il y a eu d’énormes incendies.